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Graver pour personne

Il y a 40 000 ans, quelqu'un traçait des signes que personne ne lirait. Nous ignorons encore ce qu’ils signifiaient, mais le geste, lui, nous est familier.

Il y a 40 000 ans, quelqu’un a gravé une figurine de mammouth dans une grotte qui se trouve aujourd’hui en Allemagne. Cette figurine, qui tient dans la main, est couverte de croix et de points.

Des chercheurs ont analysé ces incisions ainsi que celles de plus de deux cents objets retrouvés dans la même région. Leur conclusion : ces motifs ne sont pas aléatoires. Ils suivent des régularités statistiques comparables à celles observées dans certains systèmes proto-écrits beaucoup plus tardifs, comme le proto-cunéiforme mésopotamien.

Sauf que le proto-cunéiforme date de 3 500 avant notre ère. L’homme du mammouth vivait 36 000 ans avant ça.

Aux origines de l’écriture : pourquoi l’humain a-t-il besoin de laisser une trace ?

Nous ne savons pas ce que signifient ces marques. Nous ne savons même pas si elles « signifiaient » quelque chose au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Mais cela témoigne que quelqu’un a répété des signes selon une logique.

Ce qui marque dans cette découverte, c’est l’ancienneté : l’impulsion de marquer précède de très loin l’invention de l’écriture.

Avant les tablettes d’argile, avant la grammaire, avant même l’idée qu’un autre pourrait lire, quelqu’un a éprouvé le besoin de tracer.

Pourquoi ?

Peut-être pour compter ou pour ritualiser ou encore pour se souvenir. Peut-être pour accompagner un geste symbolique que nous ne pouvons plus reconstruire.

Pourquoi l’écriture nous accompagne depuis si longtemps ?

On imagine souvent qu’on s’exprime pour être compris. Or ces gravures paléolithiques introduisent un doute. Il est possible que personne d’autre ne les ait jamais « lues ».

Le geste n’avait peut-être pas besoin de destinataire. Il suffisait qu’il existe. Dans l’obscurité d’une grotte, à la lumière d’une torche, quelqu’un a rendu visible le fait d’être là.

Pour cet homme, ce qui importait n’était peut-être pas que le message arrive intact à travers les siècles. Il voulait simplement inscrire sa présence.

Ces traces sont peut-être le signe d’un besoin très ancien, un besoin que nous partageons encore aujourd’hui : fixer quelque chose quelque part, pour soi, afin que ce qui a été vécu ne s’efface pas entièrement.

Une émotion, une intuition, une phrase entendue, une peur…

Écriture et présence : laisser une trace de ce que l’on vit

Écrire n’est pas forcément produire une œuvre. C’est parfois empêcher qu’un fragment d’expérience s’efface totalement. C’est parfois simplement poser une empreinte dans la poussière du temps, comme une voix laissée au vent pour dire : j’ai traversé cet instant.

Alors voici une invitation : écris comme cet homme il y a 40 000 ans, non pas pour formuler un message parfaitement compris, mais pour déposer une trace. Ta trace. La marque de ton existence.

Même si personne ne la lit, qu’elle soit au moins le signe discret que tu as habité pleinement ce moment.

Didier Bieuvelet
Didier Bieuvelet

J’allie psychologie et expression de soi à travers des outils concrets pour écouter sa voix intérieure, se dire et se comprendre.

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