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Ecrire à la troisième personne pour transformer l’anxiété

Découvrez comment le journaling à la troisième personne aide à observer l’anxiété avec distance, briser le cycle d’évitement et retrouver la sérénité.

L’anxiété fait partie intégrante de notre expérience humaine. Elle se manifeste à travers nos pensées, nos émotions et nos sensations physiques. Parfois, nous nous retrouvons tellement immergés dans ces expériences qu’elles semblent nous définir entièrement. Nous devenons alors prisonniers d’un mode de réaction automatique, notre monde se rétrécissant au rythme de nos évitements.

Le cycle de l’évitement : un piège invisible

Imaginez l’anxiété comme une vague qui monte en vous. Face à cette sensation désagréable, notre premier réflexe est souvent de fuir, d’éviter la situation qui la provoque. Sur le moment, cela fonctionne : la vague retombe, nous respirons mieux. Mais ce soulagement a un prix.

La mécanique du cycle

Tout commence par un déclencheur : une réunion importante, un appel à passer, une invitation sociale. L’anxiété monte, accompagnée de ses manifestations physiques familières : cœur qui s’accélère, respiration qui se fait courte, pensées qui tourbillonnent. Pour échapper à ce malaise, nous trouvons une échappatoire : reporter la réunion, ignorer l’appel, décliner l’invitation.

Le soulagement est immédiat, mais temporaire. La prochaine fois qu’une situation similaire se présente, l’anxiété sera encore plus intense. Pourquoi ? Parce que l’évitement nous a privés d’une opportunité cruciale : celle de découvrir que nous pouvions gérer la situation, que nos pires craintes ne se réalisaient pas.

Les conséquences de l’évitement

Peu à peu, notre monde se rétrécit. Ce qui était au début un simple report devient une habitude d’évitement. Les excuses s’accumulent : « Je ne suis pas d’humeur aujourd’hui« , « Ce n’est pas si important« , « Je le ferai quand je me sentirai mieux préparé« . Ces pensées deviennent des automatismes qui dictent nos actions, réduisant notre liberté de choix.

L’observateur : changer de perspective sur l’anxiété

Face à ce cycle d’évitement, une autre voie est possible. Au lieu de fusionner avec nos pensées anxieuses, nous pouvons apprendre à les observer avec une certaine distance, comme un météorologue qui observe le ciel changeant.

Imaginons notre esprit comme un vaste ciel bleu. Nos pensées, nos émotions, nos sensations physiques sont comme la météo qui le traverse : parfois des nuages sombres d’anxiété, parfois des rayons de soleil de joie, parfois des tempêtes de peur. Mais le ciel lui-même reste inchangé, constant, capable d’accueillir tous ces états. Cette partie de nous qui observe, sans juger, c’est ce qu’on appelle le « soi observateur ».

Cette perspective nous rappelle une vérité fondamentale : nous ne sommes pas nos pensées anxieuses, tout comme le ciel n’est pas l’orage qui le traverse. Cette distance nous permet de voir l’anxiété pour ce qu’elle est : une expérience qui nous traverse, non une définition de qui nous sommes.

Un premier pas : l’exercice de la respiration

Avant de prendre la plume, prenons un moment pour expérimenter cette position d’observateur :

  1. Remarquez simplement votre respiration
  2. Observez qu’il y a votre respiration, et une partie de vous qui l’observe
  3. Notez que si vous pouvez observer votre respiration, vous n’êtes pas votre respiration
  4. Reconnaissez que votre respiration n’est qu’une partie de votre expérience
  5. Observez que votre respiration change, mais que la partie qui observe reste stable

Cet exercice peut être appliqué à l’anxiété elle-même : vous n’êtes pas votre anxiété, vous êtes celui qui l’observe.

Guide pratique du journaling à la troisième personne

L’écriture offre un moyen concret d’adopter cette perspective d’observateur. En écrivant à la troisième personne, nous créons naturellement cette distance qui nous permet d’observer nos expériences avec plus de clarté.

Observation des sensations physiques

Commencez par explorer les manifestations physiques de l’anxiété dans votre corps. Où se situe la sensation ? Quelle est sa taille, sa forme ? A-t-elle une texture particulière – est-elle lourde, légère, qui pulse, qui serre ? Si elle avait une couleur ou une température, lesquelles seraient-elles ? Décrivez ces sensations comme si vous observiez quelqu’un d’autre :

« Emma sent une tension dans sa poitrine. C’est comme une boule serrée, de la taille d’un poing. Si cette sensation était une couleur, elle serait gris acier. La tension s’étend vers sa gorge, comme une vague qui monte et descend au rythme de sa respiration. »

Description des émotions

Explorez maintenant la dimension émotionnelle. Comment cette émotion se manifeste-t-elle dans le corps ? Quelles images ou métaphores pourraient la décrire ? Une tempête, une vague, un poids ? Observez comment l’émotion fluctue et se transforme, sans chercher à la changer :

« L’anxiété tourbillonne dans son ventre comme un essaim d’abeilles. Elle remarque comment cette sensation s’intensifie quand elle pense à la soirée prévue avec ses amis. Une tempête d’inquiétudes traverse son esprit : et si elle n’avait rien d’intéressant à dire ? Et si le silence devenait gênant ?« 

Observation des pensées

Enfin, portez votre attention sur le flux des pensées. Ne cherchez pas à les analyser ou à les juger, contentez-vous de les observer comme des nuages dans le ciel ou des feuilles sur une rivière. Notez leur intensité, leur rythme, la façon dont elles s’enchaînent :

« Emma remarque qu’elle a des pensées qui racontent une histoire négative. Ces pensées lui disent qu’elle ne sera pas assez intéressante, qu’elle ne trouvera rien à dire. Elle observe aussi une pensée qui lui prédit que les autres la trouveront ennuyeuse. Elle note ces pensées comme un observateur bienveillant, sans essayer de les contredire ou de les faire disparaître. »

Se préparer à l’exercice

L’écriture à la troisième personne nous invite à adopter une nouvelle posture face à nos expériences anxieuses. Prenez le temps de créer un cadre propice à cette exploration : trouvez un endroit calme et confortable, peut-être avec une musique douce en fond sonore, une tasse de thé réconfortante à portée de main. Certains préfèrent écrire dans un parc, d’autres dans leur coin lecture favori. L’important n’est pas de chercher à éliminer l’anxiété, mais de créer un espace où vous pouvez l’observer avec curiosité.

Ouvrir les horizons

La pratique de l’écriture à la troisième personne nous offre une nouvelle façon d’être en relation avec notre anxiété. En nous plaçant en position d’observateur, nous créons une distance salutaire avec nos pensées et nos émotions. Cette distance n’est pas un évitement – au contraire, elle nous permet de voir plus clairement que nos pensées anxieuses ne sont que des pensées, nos émotions que des émotions, et non des vérités absolues qui doivent dicter nos actions.

Cette posture d’observateur ouvre un espace de liberté. Plutôt que de réagir automatiquement à l’anxiété par l’évitement, nous pouvons prendre conscience des différentes possibilités qui s’offrent à nous. Nous pouvons choisir d’agir en accord avec ce qui compte vraiment pour nous, même en présence de l’anxiété.

Le journal n’est pas un outil pour « vaincre » l’anxiété, mais une invitation à développer une relation différente avec elle – une relation où nous ne sommes plus prisonniers de nos réactions automatiques, mais capables de voir et de choisir parmi un éventail plus large de possibilités.

Didier Bieuvelet
Didier Bieuvelet

J’allie psychologie et expression de soi à travers des outils concrets pour écouter sa voix intérieure, se dire et se comprendre.

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