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Laisser sortir l’oiseau bleu, ce que nous coûte la peur de la vulnérabilité

Bukowski avait un oiseau bleu au fond du cœur. Il ne le laissait sortir que la nuit, en secret, quand personne ne regardait. Nous faisons tous pareil...

Il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui veut sortir
mais je suis trop coriace pour lui,
je lui dis, reste là, je ne veux pas qu’on te voie.

Charles Bukowski, Bluebird, 1992

Ce poème nous touche parce que nous avons tous un oiseau bleu que nous empêchons de laisser sortir. Le monde nous apprend en effet assez vite que certaines choses ne se montrent pas.

La tendresse, l’ouverture, cette façon de recevoir ce qui nous touche vraiment, tout cela ressemble à de la naïveté, à une faiblesse, une vulnérabilité que l’on préfère taire. Le monde préfère les carapaces, et nous devenons forts à sa façon à lui : en nous contractant.

Pourquoi nous n’osons pas montrer notre vulnérabilité

On n’ose pas montrer cet oiseau bleu. On ne se permet pas de le laisser sortir, par dureté, pour ne pas se montrer fragile, pour maintenir une façade. Mais au prix d’une crispation intérieure. Nos crispations ont une histoire. Elles ont été utiles, elles nous ont protégés. Mais elles ont aussi, peu à peu, empêché quelque chose de vivant de faire surface.

La question n’est pas de savoir si cet oiseau est là. Il est là. La question est : qu’est-ce qui, en moi, l’empêche de sortir ?

Et si nous laissions tous sortir notre oiseau bleu ?

Imaginez un monde où nous laissons tous cet oiseau bleu sortir au grand jour, selon vous à quoi ressembleraient les échanges et les relations entre les personnes ?

Une invitation à écrire

Commencez par cette phrase, laissez-la vous emmener :

il y a un oiseau bleu qui cherche à sortir
mais je suis trop…

Trois pistes si vous cherchez un point d’entrée :

…trop occupé à tenir debout pour lui ouvrir la porte.
…trop bien construit pour qu'on me voie comme ça.
…trop blessé d'avoir laissé sortir cet oiseau bleu, et d'avoir pris trop de coups en conséquence.

Continuez la phrase. Ou recommencez-la autrement. Elle est à vous.

Le poème en entier

il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui veut sortir
mais je suis trop coriace pour lui,
je lui dis, reste là, je ne veux pas qu'on te voie.

il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui veut sortir
mais je verse du whisky dessus et tire une bouffée de cigarette
et les tapins et les barmen et les employés d'épicerie
ne savent pas qu'il est là.

il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui veut sortir
mais je suis trop coriace pour lui,
je lui dis, tiens-toi tranquille,
tu veux me fourrer dans le pétrin ?
tu veux foutre en l'air mon boulot ?
tu veux faire chuter les ventes de mes livres en Europe ?

il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui veut sortir
mais je suis trop malin,
je ne le laisse sortir que de temps en temps
la nuit quand tout le monde dort.
je lui dis, je sais que tu es là,
alors ne sois pas triste.
puis je le remets,
mais il chante un peu là-dedans,
je ne le laisse pas tout à fait mourir
et on dort ensemble comme ça
liés par notre pacte secret
et c'est assez beau pour faire pleurer,
mais je ne pleure pas,
et vous ?

Charles Bukowski (Last Night of the Earth Poems, 1992) Traduction libre

Didier Bieuvelet
Didier Bieuvelet

J’allie psychologie et expression de soi à travers des outils concrets pour écouter sa voix intérieure, se dire et se comprendre.

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